La démission, question de survie.

Le professeur des écoles, ex-instituteur enseigne tout sans être spécialiste de rien.

Est-il psychologue ?

C’est la question que l’on peut se poser concernant notre collègue de banlieue à qui l’on avait confié trois enfants en situation de handicap accompagnés comme il convient d’AESH pour 2 d’entre eux.
Mais très bientôt, les AESH déclarèrent forfait (arrêt de travail, démission, …) et notre collègue se retrouva seul, notamment avec l’un de ces enfants présentant des troubles psychologiques sévères et qui, enfermé dans une spirale d’angoisse, multipliait tout au long de la journée, et de façon incessante, les actes de violence, morsures, coups, dégradations en tout genre, début d’incendie, multiples fugues jusqu’à se retrouver dehors près de ses parents, alors qu’on le recherchait dedans.

Cette angoisse là est contagieuse et comme l’incendie qui traverse la route, elle a tôt fait de s’installer chez notre collègue qui, dès lors, chaque matin, venait travailler la peur au ventre.

Aucune réponse aidante de la part de ses supérieurs :

  • L’inclusion, sujet sensible

Pour tout ça le silence.

Et ce silence-là, conduit à la seule réponse possible : la démission.

Aujourd’hui pour lui, en train de se noyer, remonter à la surface, c’est démissionner.

On le comprend, c’est une situation très douloureuse pour tout le monde :
– les parents de l’enfant à qui l’on viendrait dire qu’on ne peut plus l’accueillir
– l’enseignant qui traverse une situation dangereuse et qui crie dans le désert
– l’enfant débordé par son angoisse
– tous les autres enfants de la classe qui souffrent également de la situation

Pour avoir dirigé pendant plus de vingt ans un externat médico éducatif, il me parait évident que cet enfant aurait besoin d’une prise en charge par une équipe soignante pluridisciplinaire et qu’au vu des troubles qu’il présente, il faudra vraisemblablement du temps pour qu’il soit apaisé.

Alain FICHOU
Président